Jamais le festival de Poupet n’aura reçu autant de monde dans la Vallée ! 71 000 festivaliers, rien que ça ! Cette édition nous aura fait passer par toutes les émotions, de la sobriété du décor d’un Cabrel qui mise tout sur le récital, à la scénographie d’un Shaka Ponk où l’écran fait partie intégrante du show. On a ri avec Bigard –enfin, pas tout le monde !- on a eu la chair de poule avec Serge Lama, fatigué, généreux. On a adoré les jeunes pousses (Petit Biscuit, Slimane…) et on s’est rappelé nos 15 ans avec Deep Purple (foi de plus tout jeunes !). Il y en avait pour tout le monde en ce mois de juillet : Aldebert pour les enfants –mais aussi les mamans-, un ballet majestueux avec le Lac des Cygnes par le Ballet-Festival de Saint Pétersbourg. Poupet déraille était moins majestueux, mais côté dinguerie, difficile de rivaliser ! Allez, un petit tour en coulisses, ça vous dit ?

En cette année de Coupe du Monde, on brûlait d’impatience de fouler la pelouse. Et comme ici on a l’art du contrepied, commençons par inviter les Russes dans notre Arena de verdure. Ce sera donc le célèbre Ballet-Festival de Saint Pétersbourg qui viendra présenter un ballet non moins célèbre : le Lac des Cygnes. Le backstage (lieu réservé aux artistes) d’ordinaire partagé avec l’organisation, était ce soir-là envahi par les musiciens de l’Orchestre et les danseurs. Le danseur qui jouait le rôle du Joker a profité d’un répit d’une quinzaine de minutes pour s’enfiler une énorme assiette de taboulé avant de retourner enchaîner tours et sauts… !! A des kilomètres du régime draconien qu’on pouvait imaginer pour des danseurs de haut niveau !!

Le lendemain, place à la voix douce de Charlotte Gainsbourg. Il faudra se montrer insistant pour obtenir quelques mots : OK, mais sans caméra ni micro… Et pourtant, le lendemain, c’est de la Rochelle qu’elle confira au micro d’Hit West sa délicieuse soirée de la veille. Rrrrr ! On la respecte trop pour lui en vouloir !

Pas de chamailleries entre sœurs du côté d’Ibeyi. Plutôt une belle complicité. Elles sont adorables les deux franco cubaines. Peut-être la proximité de la «River » ?

On vous confirme que Francis Cabrel ne guérira probablement jamais du trac qui l’envahit avant de monter sur scène. La voix chantante du natif d’Astaffort est plus rieuse en revenant en coulisses. Son producteur Gilbert Coullier est là pour son protégé, et aussi par amitié pour Philippe et Thomas et toute l’équipe de Poupet. Francis n’y va pas par quatre chemins : « Ce théâtre est unique ! Vraiment ». Avant de revenir sur la venue dans cette même enceinte de son idole Bob Dylan : « Je me suis tâté pour venir, vous m’auriez trouvé une place ? »

Dans le genre décontracté, prenez plutôt Oldelaf ! Son rider est à son image : plein d’humour. Il prévoit une loge pour quatre personnes, dont une dodue… Ne cherchez plus !

Ça rigole moins dans la loge d’à côté ! Jean-Marie Bigard ne s’est jamais produit devant un public debout… La grande gueule qui n’a peur de rien serait moins gaillarde tout d’un coup ? Nenni, il descend de scène gonflé à bloc : « je dis aux humoristes qu’il faut venir ici ; c’est une expérience unique ». Les fauteuils en salle vont bientôt valser !

14 juillet : Fête Nationale en backstage ! Cool de chez cool avec Shantel qui a fait un tabac sur scène, la Chanson du Dimanche n’en revient pas qu’après un silence radio de 8 ans on connaisse encore ses chansons par cœur à Poupet. Quant à Marcel et Soviet Suprem (décidément, c’est bien l’année de la Russie !)…on touche le suprême du bon goût festif.

Le lendemain de la deuxième étoile historique, Jon Lord, l’organiste de Deep Purple glisse « We are the champions » de Queen ou encore la Marseillaise dans un long et virevoltant solo au clavier, pendant que Lan Gillan se faufile se désaltérer en coulisses. (Chaque musicien avait sa glacière attitrée derrière le rideau, les contenus variant d’un membre à l’autre). Sur la table abandonnés, coquillages et crustacés… : la feuille de route prévoyait un superbe plateau de fruits de mer pour le catering, plateau resté… intact après le départ des rockeurs ! Alors ce jour-là, ce sont les bénévoles des cuisines qui se sont délectées à défaut de se régaler d’un set pourtant magistral.  Peut-être que ce lâche abandon tient au plan de fuite qui a suivi le concert avec escorte policière ?… Les 4 véhicules sont alignés, prêts… et le régisseur arrive pour tout modifier et alterner 1 grise, 1 noire, 1 grise, 1 noire… Vu la vitesse à laquelle les artistes se sont engouffrés dans les véhicules, il est impossible qu’ils aient eu le temps d’apprécier cette subtilité…Même les gendarmes de l’escorte n’ont pas compris que tous les artistes étaient montés… il a fallu leur signaler qu’il était temps d’y aller !

La soirée électro est tout sauf électrique en coulisses. C’est peinard avec Henry PFR ou Ofenbach. Petit Biscuit blablate avec des jeunes du festival sur leur passion commune au moins une heure durant. C’est top quand le festival offre ces rencontres aussi improbables qu’inattendues.

Ambiance similaire avec Arcadian et Slimane, très détendus. Dadju semblait plus distant quand au moment de partir il s’est lâché tellement heureux de sa soirée.

Louane a déjà ses repères à Poupet, et notamment la ‘cabane’ des électriciens où on sert l’apéro une fois les installations vérifiées ! Le surlendemain place à une autre ‘récidiviste’ Jain, toujours aussi enjouée, et cette fois-ci fière d’un exploit inattendu : un brochet de 61 cm sorti de la Sèvre Nantaise (avant d’y retourner). Avec son équipe, plutôt que retourner à l’hôtel aussitôt les balances, ils ont préféré profiter de la quiétude de la Vallée.

Le bord de la rivière sera plus animé le lendemain avec 9 super structures gonflables pour les enfants. Kermesse XXL avant un concert dédiés aux minots. Aldebert n’est pas fier. Il tape la causette avec tout un chacun !
Juliette non plus ! On peut dire que chez elle tout est rond -binocles sur bouille ronde- mais au clavier tout est carré ! Une décontraction et un humour à ravir. Juliette aimerait être l’artiste féminine qui a donné le plus de concerts à Poupet… Avec 3 participations, c’est déjà elle qui le détient le record ! On arrose ça la prochaine fois. Le pas hésitant et la voix intacte, Serge Lama vient d’offrir l’instant émotion de cette 32ème saison. La tournée prend fin ici, mais le sage ne compte pas s’arrêter ainsi : « il faut que des projets s’arrêtent pour que de nouveaux voient le jour ! » Chapeau l’artiste !

Ko Ko Mo et Shaka Ponk, des rencontres comme Poupet en a le secret ! Frah tout juste sorti de scène vient rejoindre le duo Ko Ko Mo. Il est dingue du set énergique des nantais en ouverture de soirée. Certes il y avait un peu d’excitation dans l’air, mais le pari est lancé qu’il y aura des projets partagés entre ces 2 formations, et c’est à Poupet que la flamme se sera déclarée !

Poupet entame la cinquième, voire la sixième dimension pour cette quatorzième soirée, dans la prairie cette fois-ci, l’affiche inédite attirant 12 000 festivaliers pour ‘the’ rendez-vous rap de l’année : De Pretto, Orelsan, Nekfeu. On parle en coulisses d’« effet centrifuge » entre les équipes d’Orelsan et Nekfeu, ce que semble confirmer un run avec des représentants de chaque artiste où l’on se dispute l’ambiance sonore du déplacement entre Angers et Poupet…Sur scène, tout semble oublié avec un duo exceptionnel entre les deux représentants rap du moment.

C’est déjà la fin de saison. Poupet est devenu orfèvre dans l’art du grand n’importe quoi parfaitement réussi : Poupet déraille XXL ! Tout a été dit ou presque sur cette soirée made in Poupet avec la complicité de DJ Fanou. Côté coulisses, c’était aussi joyeux que sur scène, les artistes du soir trouvant leur loge dans le moulin ou les gîtes de Poupet. Tout le monde cohabite dans le plus parfait état d’esprit, trop contents qu’ils sont de se retrouver pour cet incroyable éclat de rire.