C’est un acteur culturel incontournable en Bretagne. Jacques GUERIN se qualifie lui-même comme un « artisan » du spectacle : directeur et programmateur de Quai Ouest à Brest, il concocte les affiches métissées du ‘Boudu’, le festival du Bout du Monde dans la presqu’île de Crozon. Il a un flair sans pareil pour dénicher d’improbables talents comme ces cinglés de bûcherons finlandais les Steve’n’Seagulls ou les Amazones d’Afrique, voix sublimes du Mali, qui seront à l’affiche cette année.

Avant de se jeter dans le grand bain de la musique, il s’est laissé tenter par le ballon rond. Une carrière plus que respectable qui l’entraînera dans le chaudron vert du Saint Etienne de la grande époque (années 80), où il évolue en troisième division. Entre le sport et l’évènementiel, il empruntera quelque temps un sas socioculturel. Puis il fonde Quai Ouest. Monter des projets en partant de rien c’est son affaire : il conçoit, puis construit. Produire des groupes, programmer une saison artistique, il est aussi insatiable que méticuleux.

Son regard s’allume lorsqu’il parle musique, et il s’éclaire encore un peu plus lorsqu’il ressent que cette musique est vecteur d’échanges. Il vibre pour ces petites histoires qui ne partent de rien, et qui déclenchent de véritables aventures humaines, à Crozon comme à Poupet.

 

Je suis venu  chez vous à l’époque des Arts à la campagne. Philippe était venu me voir aux Jeudis du Port, lorsque son boulot l’emmenait en Bretagne. Et il m’a raconté votre histoire que j’aime beaucoup. Vous avez démarré avec rien. Ce festival, vous l’avez construit à force de convictions, avec l’énergie de vos équipes. Vos fêtes dans la prairie étaient colorées, et déjà on sentait chez vous une forte propension pour tout ce qui est festif. Au départ j’ai apporté un peu de mon expérience auprès de vous, et je le faisais d’autant plus volontiers que je sentais des gens passionnés, qui aimaient leur territoire, qui retroussaient leurs manches, et qui plaçaient l’humain avant tout. J’ai passé de très beaux moments dans ce cadre magnifique.Votre histoire est d’autant plus belle qu’elle rivalise aujourd’hui avec d’autres festivals structurés de façon professionnelle. C’est bien de briser les monopoles. Partager des moments et provoquer des rencontres ne souffre aucune exclusivité.  Je trouve ça très bien qu’en 2016 il y ait des projets montés comme ça, à force de volonté et d’enthousiasme. Ça respire la bonne histoire de copains avec d’un côté l’agitateur qui va à 300 à l’heure, et de l’autre ceux qui apportent la sagesse nécessaire.Les dangers qui nous guettent tous, c’est de vouloir aller toujours plus haut. Ça coûte cher. Il faut savoir se poser un peu. Pourtant, quand vous faites DYLAN ou Joe COCKER, respect. Faire des artistes de cette ampleur apporte un label pour votre festival. SEBASTIEN, c’est moins ma tasse de thé, mais on sent que c’est assumé. On perçoit d’abord un côté ‘fou-fou’ ou ‘grand bazar’ dans vos projets, puis la longévité montre que votre aventure a un sens. Sinon, elle n’aurait pas duré aussi longtemps. Malgré la distance, je me sens proche de vous.