Solide comme un ‘rock’ granitique de Trébrivan où il est né, non loin de  Carhaix, Jean-Luc MARTIN est le président des Vieilles Charrues. Il trace son sillon avec une sacrée détermination, foi de breton. Que ce soit aux Charrues, dans son boulot ou en famille, son trépied vital. Son labour quotidien permet d’ameublir les composantes du plus gros festival français, y semer de futures belles pousses (« dans chaque domaine, je cherche des gens meilleurs que moi ») pour y voir éclore « un rêve musical à partager ». 

 

L’épreuve de l’orphelinat de son père à 13 ans forge son caractère. A quinze ans, il est DJ en discothèque durant 10 ans, puis il animera des bals de noces pendant 5 ans. Voilà comment s’est construite la personnalité musicale de celui qui deviendra le patron du big rendez-vous breton. Il entre aux Charrues lorsque le festival s’installe à Carhaix, un an à la sécurité et aux entrées, puis l’année suivante à la restauration. Nourrir autant de festivaliers révèle ses qualités de logisticien, sinon c’est l’émeute. 

 

 

Et c’est là que Christian TROADEC lui dit : « Toi qu’as une grande gueule, t’as qu’à rentrer dans le bureau ». TROADEC laisse la présidence en 2001 lorsqu’il est élu maire de Carhaix. Son successeur sera élu par tirage au sort parmi les sept membres du bureau. D’abord vice-président, puis co-président avec Jean-Phi Quignon (disparu en 2012), Jean-Luc préside seul ce gréement de l’intérieur des terres, « avec une sacrée équipe » !    

 

 

 

Pour organiser un festival, il faut être un peu barge, sinon, t’as vite fait d’avoir peur. On a déjà ça en commun. Quand j’entends parler de Poupet, je me dis : « quel délire ils nous réservent encore ? ». Vous êtes capables de tout et de n’importe quoi. Et vous pouvez oser des trucs que je partage sur le fond, mais que nous ne pourrions faire ici (Patrick SEBASTIEN). Tout ça contribue à votre identité sans laquelle beaucoup de festivals sont condamnés. C’est normal que chacun défende l’identité de son festival. Quand un groupe ou un artiste international propose une seule date en France, à chacun de se battre pour la décrocher. Sinon, nous avons plutôt intérêt à chercher des passerelles qu’à mettre des barrières entre nos organisations.Votre site est super. On sent qu’on est chez des mecs de la terre. Par contre, vos banques à jetons c’est une connerie ! Vous allez bientôt avoir une image de ‘ringues’ avec ça. Il faut faire rêver les festivaliers, non seulement avec ce qui se passe sur scène, mais également avec tout ce qu’il y a autour. Demain, avec les bracelets cashless les festivaliers pourront échanger leurs photos, en plus de payer leur bière. Je taquine (mais je le pense) car hormis ça, je suis frappé par votre organisation et notamment la place des jeunes, déjà aux commandes.J’ai la chance d’avoir une femme qui partage ma passion ; je suppose qu’il en est de même chez vous. C’est indispensable, car à la maison, il n’y a pas une journée de l’année où il n’est pas question des Charrues. Nos organisations, quelle qu’en soit la taille, sont des châteaux de cartes. Il suffit d’en retirer une pour que tout s’effondre. Il ne faut jamais oublier cette fragilité, mais nous pouvons être fiers de ce rêve éveillé que nous partageons avec des milliers de festivaliers.